Perspectives

Cette fenêtre à peine entrouverte sur ce qui se passe ailleurs, dans les pays riches, ou dans les régions riches des pays pauvres nous montre que l’avenir « normal », c’est non seulement plus de chiens ou de chats, mais aussi des chiens et des chats plus heureux, mieux aimés, nécessitant plus de services et des services plus développés.

(L’opinion personnelle de l’auteur de l’article, mais cela n’engage que lui, est qu’en outre, peu ou prou, c’est la conception asiatique de l’animal de compagnie qui finira pas s’imposer.)

Contrairement à l’opinion commune, le rapport, nombre de chiens de race par rapport au nombre d’habitants est plus important dans d’autres pays développés que chez nous… : le marché du chien et celui du chat de race est appelé à se développer en France de manière significative au cours des prochaines années.

On comprend pourquoi le problème de nos professions n’est pas de défendre avec aigreur des intérêts ou des positions acquises, mais de favoriser un développement dont le potentiel est évident : le transfert des emplois en direction des services est un mouvement général auquel n’échappe pas le secteur du toilettage. Mais pour notre secteur en tous cas, ce mouvement ne doit pas inquiéter, puisque son potentiel de développement est tout simplement immense.

Au regard du toilettage américain, le toilettage français fait mine un peu pâlotte ; mais si on le compare à l’asiatique, il balbutie.

Il balbutie au niveau de l’offre, nous venons de le voir ; pas d’illusion, il balbutie tout autant au niveau technique. Leur passion pour les animaux rend les asiatiques relativement dispendieux dans leurs dépenses pour ceux-ci ; il n’empêche, les toiletteurs y travaillent de manière fort habile, avec du matériel très bien adapté, des produits excellents et des techniques élaborées.

Cela signifie à l’évidence que les professionnels qui voudront prendre le train qui, irrémédiablement, qu’on le souhaite ou qu’on s’en désole, nous arrive, devront rapidement :

  • travailler plus vite, et moins cher
  • offrir des prestations nouvelles et beaucoup plus diversifiées,
  • dans le cadre d’un niveau de qualité qui nous est inconnu à ce jour.

Une technique gestuelle rigoureuse

Les prix n’augmenteront pas, ils baisseront peut-être, sous la pression de la demande d’une part et de la concurrence d’autre part ; pour sauver les marges, voire les faire prospérer, une seule piste, celle de la productivité ; mais la réduction des coûts a ses limites, assez vite atteintes ; la réduction des temps d’exécution offre par contre de réelles perspectives ; beaucoup de professionnels et de formateurs, assistés d’ergonomes, ont réalisé d’importants travaux dans ce sens, travaux à la disposition du public, désormais. Chaque geste du toilettage a été décomposé, analysé, puis recomposé pour aller dans le sens de la productivité la meilleure, combinant les objectifs suivants :

  • rapidité,
  • plus grande sécurité pour l’animal,
  • plus grande sûreté pour l’exécutant,
  • économie d’effort.

Certains trouveront la liste précédente quelque peu paradoxale : par exemple, ils s’étonneront que le souci de rapidité puisse se combiner avec celui d’économie d’effort. Ce sera faire preuve d’un réel esprit d’observation critique : car oui, tout le paradoxe ergonomique est qu’une technique gestuelle appropriée conduit en effet non à poursuivre l’un de ces deux objectifs aux dépens de l’autre, mais à les poursuivre en même temps, l’un ET l’autre !

Il faut bien sûr en passer par l’apprentissage minutieux de techniques gestuelles relativement simples, mais qui combinées entre elles, montrent un effet démultiplicateur important. Mais cet apprentissage se révèle très vite le plus sobre des investissements !

L’emploi

Pour les prochaines années, les jeunes gens qui auront reçu une bonne formation commerciale complétée par une pratique moderne et cosmétologique du toilettage seront bien armés du point de vue de l’emploi, qu’ils souhaitent travailler au sein d’une entreprise avec salon de toilettage intégré, ou pour leur propre compte, à condition toutefois, pour ce qui concerne la deuxième voie, que la formation décrite ci-dessus soit assortie d’une initiation suffisante à la gestion.

La complémentarité

On l’a compris, que l’on souhaite entreprendre ou prendre un emploi de toiletteur, une compétence, même approfondie du seul domaine du toilettage ne peut permettre une réussite complémentaire.

Le professionnel doit élargir ses connaissances en direction des autres disciplines de la cynophilie, voire de l’animal de compagnie. Il doit enfin avoir une formation et une culture commerciale avérées, comme tout professionnel du secteur tertiaire.

L’entreprise doit diversifier son offre de services, et mieux encore, son offre commerciale.

Suite : la Règlementation

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